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1) Les vices cachés.

2) Article sur protegez-vous.ca concernant la vente par le propriétaire VS avec un courtier immobilier


1) DES VICES CACHÉS ? QUOI FAIRE ?

Les conditions de l’exercice du recours
Par Richard Dufour, avocat

A. DU POINT DE VUE DE L’ACHETEUR

Souvent l’agent immobilier reçoit une communication de son client dans les jours qui suivent la prise de possession d’un immeuble. L’acheteur lui fait alors part qu’il a fait des constatations et qu’il croit que l’immeuble est entaché de vices cachés. Qu’est-ce que l’acheteur doit faire dans de telles circonstances ?

L’avis de l’acheteur au vendeur (art. 1739 C.c.Q.)

Le Code civil prévoit que l’acheteur doit aviser par écrit le vendeur de l’existence de ces vices et de son intention de l’en tenir responsable. L’avis doit être suffisamment détaillé pour permettre au vendeur de comprendre ce dont il est question et de prendre les mesures appropriées pour procéder à l’inspection de ces prétendus vices. Le but de cet avis est de permettre au vendeur de faire un constat, de retenir les professionnels appropriés s’il y a lieu de telle sorte qu’il puisse prendre une décision éclairée en regard de cette situation.

Le délai

L’avis doit être envoyé dans un délai dit raisonnable et en matière immobilière, celui-ci devrait varier entre 2 à 3 mois au maximum de la découverte du vice et ne pourra, que très exceptionnellement, dépasser 6 mois.

Le délai commence à courir lorsque le vice se manifeste graduellement du moment où l’acheteur est en mesure d’en soupçonner la gravité et l’étendue. Ici la prudence doit être de mise. L’acheteur passif qui laisse s’écouler plusieurs mois entre une manifestation d’un vice et sa dénonciation pourra perdre ses recours.

La nécessité d’envoyer un avis dans un délai raisonnable ne s’appliquera pas lorsque le vendeur connaissait ou était présumé connaître les vices cachés. Le vendeur qui connaissait le vice caché est celui qui en a connaissance et qui a omis de le déclarer à l’acheteur. Le vendeur qui est présumé connaître le vice sera généralement celui qui peut être qualifié de commerçant en semblable matière, à savoir celui qui fait le commerce de la vente d’immeubles ou le constructeur. Dans tous les cas, l’avis doit être envoyé avant que les travaux correctifs aient été exécutés.

Les exceptions à l’envoi de l’avis

Le Code civil ne prévoit aucune exception qui puisse justifier l’absence de l’envoi de l’avis de l’acheteur au vendeur. Cependant, la jurisprudence en a retenu deux, à savoir :

a) L’urgence telle que le bien risquerait de dépérir rapidement si des travaux correctifs n’étaient pas entrepris. Il ne saurait s’agir de cas où simplement l’acheteur subirait des inconvénients mineurs qu’ils soient personnels ou monétaires. On pourrait affirmer qu’une fuite d’une conduite d’eau, une fuite de gaz, l’absence de chauffage en hiver alors que les températures sont basses peuvent constituer des cas d’urgence. N’en sont généralement pas, des problèmes de ventilation, de fissures, de toiture, de système d’égout, de structure; et,

b) Le vendeur a répudié sa responsabilité à l’égard du vice ou a renoncé de se prévaloir du défaut d’avis. Il s’agit du cas où, par exemple, le vendeur est avisé verbalement du vice et qu’il manifeste clairement son intention de ne pas en assumer la responsabilité. Il appartiendra à l’acheteur de faire la preuve de cette répudiation, généralement par témoins, ce qui peut être parfois aléatoire. On constate donc l’importance, même dans un cas de répudiation, d’envoyer tout de même un avis écrit.

Quoique la jurisprudence ne se soit pas prononcée clairement sur cette question, on peut également penser que lorsque l’adresse du vendeur est inconnue et qu’il n’a pas été possible de la retrouver après des efforts raisonnables que l’avis ne serait pas nécessaire. Il va de soi que nul n’est tenu à l’impossible. Cependant, un auteur est d’avis que dans une telle hypothèse on doit procéder par avis public. Cette solution peut paraître exorbitante surtout s’il y a une certaine urgence à faire les travaux ou que le coût de réparation des vices n’est pas très important.

Forme de l’avis

Celui-ci doit être écrit ou peut être transmis par tout moyen de communication, mais il appartiendra à l’acheteur de faire la démonstration que l’avis a été reçu en temps utile par le vendeur. Celui-ci doit donner un délai raisonnable au vendeur pour que celui-ci puisse réagir. Le délai sera apprécié en fonction de l’urgence de faire les travaux. Un délai de cinq (5) à dix (10) jours nous apparaît la règle qui devrait être généralement retenue. Ce délai pourra être moindre s’il y a une certaine urgence (ex. : le vice est découvert à l’occasion de d’autres travaux et l’arrêt de ceux-ci entraîneraient des coûts exorbitants). Cependant, l’acheteur devra toujours avoir à l’esprit que le but du législateur est de permettre au vendeur de constater le vice avant que des travaux correctifs soient effectués.

Après l’avis

Suite à la réception de cet avis par le vendeur, l’acheteur sera généralement confronté à deux (2) situations :

a) Le vendeur s’est présenté pour faire le constat, a accepté sa responsabilité et désire procéder lui-même à faire les travaux ou à indemniser l’acheteur. Dans une telle hypothèse, il est souhaitable qu’une entente intervienne de telle sorte que les obligations respectives des parties soient clairement énoncées. Cette entente devrait généralement contenir des clauses quant au paiement, la portée de la quittance et, s’il y a lieu, les travaux qui devront être effectués de même que le délai dans lequel ils le seront; ou,

b) Le vendeur ne se présente pas, ne prend pas position ou qu’il nie ses responsabilités, alors l’acheteur doit le mettre en demeure d’exécuter ses obligations si l’avis ne contenait pas une telle demande. On comprendra que l’avis a pour but d’aviser le vendeur d’une situation qui pourrait engager sa responsabilité. La mise en demeure a pour objet de lui demander d’exécuter ses obligations. Généralement, l’avis initial contient une telle mise en demeure.

Le recours à un expert

Lorsque les vices sont significatifs, il est souhaitable que l’acheteur retienne les services d’un expert indépendant qui pourra :

a) Identifier les vices;

b) Suggérer des mesures correctrices appropriées;

c) Faire une estimation des coûts;

d) Établir si le vice existait au moment de l’achat; et,

e) Établir si le vice était facilement décelable au moment de l’achat.

Le recours à un expert qui est l’entrepreneur qui effectuera lui-même les travaux peut être problématique. En effet, on pourra questionner sa crédibilité, entre autres, quant à l’existence du vice et à l’envergure des mesures correctrices.

Le rôle de l’agent immobilier

L’agent immobilier de l’acheteur a un intérêt certain à suivre de près l’évolution d’un tel dossier. En effet, il a conseillé son client lors de l’achat de l’immeuble et à ce titre pourrait avoir engagé sa responsabilité. Il a donc intérêt à rassembler les éléments de preuve, se remémorer les faits qui ont entouré la transaction et prendre des notes au cas où éventuellement il serait partie à un litige ou appelé à témoigner. Il n’est pas toujours possible d’éviter des procédures judiciaires, même mal fondées, contre un agent immobilier. Cependant, les risques que l’acheteur l’identifie comme responsable de ses malheurs diminuent d’autant qu’il a l’impression d’être supporté après le fait par son professionnel.

B. DU POINT DE VUE DU VENDEUR

Le vendeur qui reçoit un avis d’un acheteur qui prétend que l’immeuble qu’il a vendu est grevé de vices cachés ne peut l’ignorer. Il doit se présenter sur les lieux pour y faire les constats nécessaires qui lui permettront de prendre position ou à, tout le moins, de se ménager les éléments de preuve. Il pourra demander une prolongation du délai qui lui est accordé par l’avis de l’acheteur et ce dernier devrait lui consentir dans la mesure où cela ne lui cause pas un préjudice significatif. L’utilisation d’un appareil photo permet de conserver des éléments de preuve qui pourraient servir à un expert ou lors du procès. Si le problème semble complexe et le vice important, il sera nécessaire de recourir à un expert indépendant. Une fois qu’il aura l’information pertinente, le vendeur pourra prendre l’une ou l’autre des décisions suivantes :

a) Le vice n’était pas caché;

b) Les mesures correctrices envisagées par l’acheteur sont démesurées;

c) Le vice a été causé par un fait postérieur à la vente; et,

d) Il s’agit d’un cas limite qui mérite que des négociations soient entreprises dans le but d’en venir à une entente avec l’acheteur.

Si le vendeur décide de ne pas intervenir dans la réparation du vice parce qu’il ne se croit pas responsable ou que d’un point de vue stratégique il préfère faire face à une poursuite éventuelle et négocier à ce moment, il devra, cependant, savoir qu’il est généralement beaucoup plus onéreux de laisser l’acheteur faire les réparations et ensuite de faire face à des poursuites, que de tenter de régler sur-le-champ le litige.

S’il s’entend avec l’acheteur, il est important qu’il obtienne une quittance, complète et finale, qui fera en sorte qu’il ne sera plus responsable de ces vices advenant une récidive ou que les mesures correctrices ne se soient pas avérées appropriées. Si le montant payé est significatif et que la responsabilité du vendeur n’est pas évidente, celui-ci pourra tenter de négocier un règlement tel que l’acheteur renonce à toute réclamation de quelque nature que ce soit qui pourrait découler de cette vente.

Le rôle de l’agent du vendeur

Tout comme l’agent de l’acheteur, l’agent du vendeur a intérêt a suivre un tel dossier. Sa responsabilité pourrait être engagée parce que les réclamations pour vices cachés sont généralement jumelées à des réclamations pour fausses représentations. Puisqu’il appartenait à l’agent immobilier du vendeur de bien décrire l’immeuble qui faisait l’objet de la vente, de transmettre toutes les informations pertinentes qu’il connaissait et d’aider son client à divulguer toute information pertinente, il pourrait être visé à la fois par l’acheteur et le vendeur comme ayant manqué à ses obligations.

Dans tous les cas, que ce soit l’agent du vendeur ou de l’acheteur, dès lors qu’il pense que sa responsabilité pourrait être éventuellement invoquée, à bon ou à mauvais droit, il doit en aviser immédiatement ses assureurs en responsabilité professionnelle.

C. LA RÉPARATION

L’article 1726 du Code civil énonce que l’acheteur confronté à des vices cachés a deux (2) options :

a) Il peut demander l’annulation de la vente s’il est en mesure de démontrer que l’immeuble est impropre à l’usage auquel il est destiné ou si les vices sont tellement importants qu’il n’aurait pas acheté s’il les avait connus. Ce recours est peu utilisé en matière d’immeubles résidentiels compte tenu de son caractère aléatoire et des délais qu’entraînent de telles procédures judiciaires; ou,

b) Il peut demander la réduction du prix de vente. Dans cette deuxième hypothèse, l’acheteur doit faire la démonstration qu’il n’aurait pas payé un prix aussi élevé s’il avait connu les vices auxquels il est confronté. Cette réduction du prix de vente est généralement fonction du coût encouru pour corriger le vice lui-même. Cependant, ce coûts pour colmater les fissures, des coûts pour stabiliser la bâtisse s’il y a lieu, des frais d’excavation et de terrassement. La réduction du prix de vente dans une telle hypothèse est constituée généralement des coûts réels encourus, sauf peut-être si le terrassement a donné une plus-value. La situation peut être différente lorsque le vice caché concerne une toiture qui a une durée de vie limitée. Dans une telle hypothèse, si la toiture avait un certain âge, la réduction du prix tiendrait compte de sa durée de vie normale de cette partie de l’immeuble.

Les autres dommages

Que l’on soit dans un contexte d’annulation de vente ou de réduction du prix de vente, les autres dommages ne pourront être réclamés que si le vendeur connaissait les vices ou était présumé les connaître. Celui-ci qui est présumé connaître les vices est le vendeur professionnel, notamment le constructeur. La question de l’auto-constructeur n’est pas claire. Il nous semble, cependant, qu’il pourrait tomber dans la catégorie du vendeur professionnel lorsqu’il n’en est pas à sa première expérience.

Les autres dommages sont généralement les troubles et inconvénients, les frais de relocation et les frais d’entreposage.

CONCLUSION

Il est généralement reconnu que l’achat d’un immeuble résidentiel par un particulier constitue l’investissement le plus important qu’il fera dans sa vie. Il doit donc être bien conseillé tant au moment de l’achat, pour ce qui est de la vente, et c’est là l’un des rôles de l’agent immobilier. Malgré tous les professionnels qui interviendront au moment d’une vente c’est celui qui a la meilleure vue d’ensemble de l’objet de la transaction. C’est donc dire que son rôle dans un contexte de recours en vices cachés peut être déterminant.

Me Richard Dufour a été admis au Barreau de la section de Montréal en 1976 et a obtenu un diplôme en sciences administratives en 1984. Au cours de sa pratique, Me Dufour s’est spécialisé dans le domaine du litige civil et commercial et possède une vaste expérience en matière de droit immobilier.

La firme Dufour Mottet, Avocats, est en mesure de vous conseiller en matière de droit immobilier par l’entremise de plusieurs de ses avocats.

Complexe Daniel-Johnson ? 2550, boul. Daniel-Johnson, bureau 400, Laval, Québec, H7T 2L1
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2) Article sur protegez-vous.ca concernant la vente par le propriétaire VS avec un courtier immobilier

Nous avons décidé de vendre notre maison sans agent (via le site Duproprio) car on n'arrivais pas à justifier la commission (+taxes) que les courtiers nous exigeaient.

Plusieurs visiteurs sont passés chez nous mais les offre reçus étaient ridicules. On s'est vite aperçu que les acheteurs qui cherchent par Duproprio réduisent de plein gré le prix demandé par un taux de équivalent à une commission de courtier (5 - 6%) pour faire leur offre... On a vite compris qu'on faisait la "job" d'un courtier mais, sans en retirer les bénéfices monétaires (économie de la commission)!

Résultat : nous songeons maintenant à vendre par agent... et profiter de nos fins de semaines à relaxer et à faire des activités de plaisance à la place de perdre nos fin de semaines dans des visites libres, et nos soirées de semaine à faire du ménage en catastrophe car des acheteurs sont attendus dans 1hr!

Commentaire du 25 août 2011. Dans un blogue de protégezvous.ca LIEN